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Comment l'alcool ingéré par la mère passe au foetus et altère certains organes ?
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Réponse : voir la vidéo explicative ci dessous
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Qu’appelle t-on un Syndrome d’Alcoolisation Fœtale ?
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Réponse du Dr Denis Lamblin, pédiatre au CAMSP de Saint-Louis, La Réunion
Le Syndrome d’Alcoolisation Fœtale (SAF) se définit par :
1. une exposition prénatale à l’alcool
2. un retard de croissance prénatale et postnatale pour le poids, la taille ou pour les deux
3. une dysmorphie faciale dont les éléments les plus caricaturaux chez le nourrisson sont de petites fentes palpébrales, un étage moyen de la face plat, un petit nez retroussé, un philtrum convexe lisse et long et une lèvre supérieure fine.
4. une atteinte du système nerveux central : malformation du cerveau ( microcéphalie, anomalies structurelles ), déficiences mentales , signes neurologiques majeurs et mineurs tels que troubles de la motricité fine, de la coordination oculomotrice, déficiences sensorielles.. et un ensemble d’anomalies comportementales et cognitives qui ne sont pas en relation avec le quotient intellectuel et qui ne peuvent être expliquées que par la conjoncture familiale et environnementale.
Fetal Alcohol Syndrome (FAS ) Équivalent anglais du SAF.
Cependant il existe des atteintes de l’enfant par l’alcoolisation in utero moins caractéristiques :
Le SAF partiel (SAFp)
Ce terme est employé pour désigner un ensemble de troubles causés par des alcoolisations prénatales chez des enfants qui présentent :
- certains traits faciaux caractéristiques du SAF (au moins deux).
- et d’autres éléments associés au SAF comme l’existence d’un retard de croissance ou de troubles cognitifs ou comportementaux non expliqués par l’environnement familial.
Partial FAS (pfas) Équivalent anglais du SAFp.
Les Troubles Neuro-Développementaux Liés à l’Alcool (TNDLA )
Ce terme caractérise les répercussions portant sur le système nerveux central ( déficience mentale, troubles cognitifs, troubles neuromoteurs , troubles neurosensoriels…).
Alcohol Related Neurodevelopmental Disorder (ARND) : Équivalent anglais du TNDLA.
Les Anomalies Congénitales Liées à l’Alcool (ACLA ): définition de l’institut of medecine (IOM) qui regroupe la présence de malformations congénitales en rapport avec une exposition prénatale à l’alcool
Alcohol Related Birth Defects (ARBD) Équivalent anglais du ACLA
Enfin, l’ETCAF : l'Ensemble des Troubles Causés par l’Alcoolisation Fœtale regroupe toutes les formes cliniques des troubles causés par l’alcoolisation prénatale.
FASD : Fetal Alcohol Spectrum Disorder (Équivalent anglais de l’ETCAF)
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Comment faire pour arrêter de boire de l'alcool et donc pour mettre son bébé en sécurité ?
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Réponse du Docteur Laurent URSO, Chef de service d'addictologie au Centre Hospitalier de Roubaix
- s’il n’y avait qu’une seule donnée à retenir, se serait de se confier à un professionnel de son choix en qui l’on a une totale confiance : médecin généraliste, sage-femme ou obstétricien.
- Eventuellement, ce peut être un professionnel non médical qui pourra nous aider à nous confier au professionnel compétent. Il peut s’agir alors d’une assistante sociale, d’une éducatrice, voire même d’une amie ou d’un membre de la famille.
- Cette personne aidante, ce professionnel de confiance pourra alors nous accompagner vers l’abstinence.
- Tout arrêt des boissons alcoolisées est bénéfique pour l’enfant à tout âge de la grossesse, même au 3ème trimestre.
- Néanmoins, l’accompagnement doit se faire en milieu protégé. Le plus acceptable pour tous est la maternité : la maman est en sécurité, non stigmatisée et valorisée. Elle bénéficie d’une surveillance obstétricale adaptée et de la visite quotidienne de l’équipe mobile d’addictologie.
- Le relais avec les pédiatres voire avec le CAMSP peut être optimisé dans l’objectif d’un suivi maintenu, même après l’accouchement.
- La prise en charge se fera par un aide médicamenteuse via des benzodiazépines du type oxazépam à doses rapidement dégressives. Un traitement de diminution de l’appétence est également conseillé ainsi qu’une vitaminothérapie.
- La réassurance et l’accompagnement médico-psycho-social seront enfin une aide précieuse pour renforcer l’alliance thérapeutique.
- L’aide à l’arrêt du tabac enfin, sera systématiquement proposé.
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Le SAF est-il héréditaire ?
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Réponse du Docteur Alain FOURMAINTRAUX, pédiatre et spécialiste de médecine foetale au CHR de St Pierre de La Réunion
Il faut distinguer héréditaire de génétique, bien que ces deux notions soient souvent confondues. En médecine, il vaut mieux dire génétique ou transmission génétique, plutôt qu'héréditaire ou transmission héréditaire, afin d'éviter toute confusion.
En effet, ce qui est héréditaire n'est pas forcément génétique. L'héritage d'une charge, d'une fortune, d'une culture, n'est pas génétique. Dans l'ancien régime, il existait des charges héréditaires : elles n'étaient pas transmises par les gènes. Est génétique une transmission par les gènes. (Une transmission biologique n'est pas forcément génétique : une mère peut transmettre un virus ou un parasite à son enfant, mais cette transmission n'est pas génétique). De façon littéraire ou sociologique, on dit parfois que des comportements se transmettent dans les familles ou les groupes sociaux : cet héritage n'est pas génétique. Un mode de consommation de l'alcool peut se transmettre : c'est une transmission familiale, sociale, culturelle, coutumière, pas génétique.
Par contre, une prédisposition à la dépendance alcoolique se transmet par les gènes. Les deux phénomènes peuvent se combiner : prédisposition à la dépendance et habitude de consommation !
Le SAF est une fœtopathie toxique : ainsi défini, il ne peut être transmis par l'ADN, il n'est donc pas génétique. Mais souvent, la mère est alcoolodépendante. Or la prédisposition à la dépendance alcoolique se transmet génétiquement. Les sujets atteints de SAF ont plus souvent que la population générale une prédisposition à la dépendance alcoolique. En outre, ceux-ci peuvent hériter des habitudes familiales. C'est ainsi que souvent les enfants atteints de SAF ont une mère elle-même atteinte de SAF, et parfois une grand-mère ! Ainsi le SAF peut apparaître héréditaire sans qu'il soit transmis génétiquement.
Disons : le SAF n'est pas transmis génétiquement, ou bien : le SAF n'est pas une maladie génétique.
Question posée par : Chrystelle de Saint-Joseph -
A quelle période de la grossesse est-il plus dangereux de boire de l'alcool ?
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Réponse du Dr Anne lise Delezoïde, pédiatre du service de biologie du développement, Hopital Robert Debré à Paris
Le tout début de grossesse (période embryonnaire, avant deux mois de grossesse ou 10 semaines d'aménorrhée) est la période la plus dangereuse, c'est à dire celle où l'alcool peut entraîner l'apparition de malformations visibles, et graves. Mais l'alcool intervient surtout sur la formation du système nerveux, dont le cerveau, qui se poursuit pendant toute la grossesse et se continue même après : il est donc susceptible de provoquer tout au long de la grossesse des anomalies au niveau cellulaire, non visibles extérieurement, responsables de troubles du fonctionnement du cerveau, donc de troubles neurologiques de l'enfant ou de l'adulte.
Question posée par : Murielle, du Tampon, à La Réunion -
Peut-on se permettre un minimum d'alcool pendant sa grossesse sans mettre le bébé en danger ?
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Réponse du Dr Anne lise Delezoïde, pédiatre du service de biologie du développement, Hôpital Robert Debré à Paris
On ne connaît pas le seuil minimum de consommation d'alcool qui puisse créer des anomalies chez le bébé. Ce d'autant qu'il y a une grande variabilité individuelle de la sensibilité à l'alcool des femmes enceintes, que ce seuil peut donc être très variable d'une maman à l'autre. Le principe de précaution exige donc de s'abstenir de toute boisson alcoolisée pendant la grossesse.
Question posée par : Rémi, étudiant GEA -
Comment reconnaît-on un enfant SAF ?
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Réponse du Dr Jean Pierre CHABROLLE, pédiatre, chef de service de pédiatrie au Centre Hospitalier du Havre (76)
Un enfant SAF est un enfant atteint d'un handicap qui se manifeste par un une anomalie de son développement physique et psychique. Sa croissance est en décalage par rapport aux valeurs pour l'âge et son développement psychique est perturbé, il a tendance à être impulsif, hyperactif et inattentif ce qui gêne ses apprentissages et le rend malheureux à l'école et plus tard dans sa vie d'adulte. Les maladies psychiatriques sont très fréquentes, et leurs troubles du comportement les conduisent à commettre des actes délictueux.
L'enfant SAF peut porteurs de malformations qui vont nécessiter une surveillance particulière.
Tous ces troubles sont liés directement aux effets de l'alcool consommé par sa mère pendant la grossesse. On ne connaît pas le taux de consommation sans risque.
Aussi, le conseil à donner à une femme qui souhaite un bébé est zéro alcool pendant toute sa grossesse.
Si on ne sait pas réparer un cerveau lésé par l'alcool, on peut aider cet enfant et sa famille, (frères, soeurs, père et mère) et tout faire pour que la maman ne donne pas naissance à un nouveau né atteint de SAF.
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Le bébé risque t-il de mourir si la femme enceinte consomme de l'alcool ?
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Réponse du Pr Claude Lejeune, chef de service de néonatalogie à l’Hôpital Louis Mourier - Colombes ( 92)
La consommation d'alcool par la femme enceinte ne fait pas courir un risque vital pour l'enfant, sauf:
- une petite augmentation des morts foetales in utero spontannées, mais d'interprétation difficile car d'autres facteurs simultanés peuvent interférer et tout particulièrement le tabac;
- la survenue, rare, de malformations graves, incurables aboutissant à un décès après la naissance, après un délai variable ;
- et une décision (proposée par les médecins et acceptée par les parents) d'interruption médicale de grossesse devant la découverte de malformations graves, surtout cérébrales.
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Combien d’enfants sont-ils atteints du SAF en France ?
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Réponse du Docteur Denis Lamblin, pédiatre au CAMSP de Saint-Louis, La Réunion
En France, on estime que les « troubles causés par l'alcoolisation fœtale » touchent 1% des naissances, c'est-à-dire 7 000 nouveaux enfants chaque année. Cela signifie qu'environ 500 000 Français souffrent, à des degrés divers, des séquelles de l'alcoolisation fœtale. Le syndrome d'alcoolisation fœtale proprement dit est, en France, la première cause de retard mental non génétique.
Il touche 1 naissance sur 3 000 dans le Pas-de-Calais. L'alcoolisme touche en France 2 millions de personnes, dont 600 000 femmes (cette dernière statistique est particulièrement sujette à caution : l'évaluation rigoureuse est très difficile en raison d'une dénégation quasi-constante des faits).
Pendant la grossesse, 5 % des femmes consomment trois verres d'alcool en moyenne par jour, ce qui constitue déjà un danger pour l'enfant à naître. Les spécialistes estiment aujourd'hui que le risque apparaît dès le premier verre : c'est la raison pour laquelle, pendant la grossesse, il faudrait maintenir une abstinence stricte.
Question posée par : Annelya de Saint-Joseph
Questions souvent posées
Quelles sont les conséquences de la consommation d’alcool pendant la grossesse ?
Réponses par les experts de SAF france

