- Faisabilité de la surveillance du syndrome d’alcoolisation foetale, France, 2006-2008.
Juliette BLOCH, Christine CANS, Catherine DE VIGAN, Ludivine de BROSSES, Bérénice DORAY, Béatrice LARROQUE, Isabelle PERTHUS (INSERM, UMR S149, IFR 69, Paris – INSERM U149.
BEH Femmes et addictions 10 mars 2009 n°10 - 11, 102-104
Résumé - Une étude de faisabilité de la surveillance à la naissance du syndrome d’alcoolisation foetale (SAF) a été mise en place dans les régions et départements français couverts par des registres de malformations congénitales ou de handicap de l’enfant pendant deux années. Les cas étaient inclus s’ils présentaient un retard de croissance intra-utérin portant sur le poids, la taille ou le périmètre crânien, des éléments dysmorphiques caractéristiques du SAF. La consommation d’alcool était recherchée au moyen d’un questionnaire alimentaire.
Au total 34 cas ont été inclus, dont 21 ont été classés comme SAF à la naissance, mais seuls 12 cas ont été considérés comme des SAF confirmés par un suivi à neuf mois. Tous les cas confirmés ont été inclus en Alsace et dans le Rhône. Les taux de prévalence calculés varient d’un département à l’autre et d’une année d’étude à l’autre, suggérant une sous-déclaration importante, très opérateur dépendante.
- Étude clinique et prévalence du syndrome d'alcoolisation foetale pris en charge dans les établissements médico sociaux de l'île de La Réunion
R Serreau, T Maillard, R Verdier, L Bouchara, C Catteau, C Hervé, A Fourmaintraux, D Lamblin, JF Lesure, E Jacqz-Aigrain
Arch Pediatr 2002; 9 : 14-20
Objectif. – Le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) est un problème grave de santé publique dans l’île de la Réunion. Les autorités sanitaires ont enquêté afin de déterminer la prévalence de ce syndrome chez les enfants pris en charge dans les établissements médicosociaux.
Patients et méthodes. – À l’aide d’un questionnaire, les médecins des 20 centres médicosociaux en charge de 1 320 enfants et adolescents ont sélectionné les enfants atteints au 31 décembre 1996. Quatre-vingt-huit ont été inclus dans l’étude comprenant un examen clinique, complété d’une enquête sociale et 87 ont été évalués.
Résultats. – Soixante-quatre (76,3 %) enfants et adolescents sur 87 présentaient un SAF certain et 23 sur 87 (23,7 %) un SAF probable. La prévalence corrigée, comprise entre 7,1 et 14,1 % était inférieure à la prévalence attendue, calculée à partir de données antérieures.
Conclusion. – Cette étude a permis de préciser les caractéristiques familiales et sociales des enfants présentant un SAF. Les données seront utilisées pour tenter de lutter contre l’abus d’alcool en cours de grossesse. Notamment, un message télévisé est prévu.
- Exposition prénatale à l’alcool et développement psychomoteur à l’âge préscolaire
Béatrice LAROQUE, Monique KAMINSKI, Philippe DEHAENE, Damien SUBTIL, Marie-Jo DELFOSSE, Denis QUERLEU
Alcohol Clin Exp Res Vol 22, No 2, 1998:pp295-303
- Grossesse et substances psychoactives : étude de prévalence de la consommation déclarée
DUMAS A. LEJEUNE C. SIMMAT-DURAND L. CRENN C. MANDELBROT L.
J Gynécol Obstet biol Reprod 2008;37 : 770-8
But : Évaluer la (poly) consommation déclarée de substances psychoactives (tabac, alcool, médicaments psychotropes, drogues illicites) avant et pendant la grossesse.
Patientes et méthodes : Deux cents quarante-cinq femmes enceintes se rendant à une consultation prénatale dans la maternité d’un CHU de la région parisienne ont été interrogées au travers d’un questionnaire autoadministré et anonyme.
Résultats : Avant la grossesse, 16,3 % des femmes ont déclaré consommer du tabac et 40,8 % de l’alcool. Pendant la grossesse, 10,2 % ont consommé du tabac et 25,3 % ont eu un contact avec l’alcool ; 4,5 % ont consommé du tabac et de l’alcool pendant la grossesse. Une consommation de médicaments psychotropes ou de cannabis au cours du mois précédant l’étude concernait, respectivement, 3,7 % et 2,4 % des femmes ; les consommatrices de cannabis, polyconsommatrices, cumulent de surcroît des difficultés sociales et familiales.
Conclusion : La prévalence des consommations de tabac et d’alcool dans cette maternité était faible par rapport à celle rapportée précédemment dans les enquêtes et études françaises. Cela pourrait s’expliquer en partie par des particularités méthodologiques mais également par des facteurs d’ordre culturel. Cependant, cette étude est la première à donner une estimation de la consommation de cannabis et des polyconsommations de substances psychoactives chez des femmes enceintes françaises.
- L'incidence du Syndrome d'Alcoolisation Foetale dans le sud de l'île de La Réunion (France)
Thierry Maillard, Alain Fourmaintraux, Denis Lamblin, Jean-François Lesure et Philippe Dehaene
TERATOLOGY. 60:51-52 (1999) LETTER TO THE EDITOR
L’article de Sampson et Coll.1 sur l’incidence du Syndrome d’Alcoolisme Foetal (SAF) nous a vivement interpellé car nous avons effectué une enquête prospective sur le même sujet dont les premiers résultats viennent d’être publiés2.
méthodes.
Du premier janvier au 31 décembre 1996, tous les nouveau-nés de la maternité du Centre Hospitalier Sud-Réunion, à Saint-Pierre, ont fait l’objet d’une sélection, comportant des critères foetaux et maternels, selon un protocole de dépistage du SAF et d’un Possible Effet de l’Alcool sur le Foetus (PEAF). Les critères foetaux étaient : un retard de croissance intra-utérin (RCIU) inférieur ou égal au 10ème percentile, ou un faciès caractéristique de SAF reconnu lors de l’examen pédiatrique systématique. Les critères maternels étaient : un alcoolisme notoire et/ou des examens biologiques en faveur d’une consommation d’alcool. Tous les nouveau-nés sélectionnés par les critères maternels ou de RCIU, ont été examinés à la recherche des signes crânio-faciaux rencontrés dans le SAF. Un entretien, contenant le questionnaire « CAGE », à la recherche d’une alcoolisation gestationnelle, a été réalisé chez les mères des nouveau-nés sélectionnés. Parmi 2778 naissances, 521 nouveau-nés répondaient à l’ensemble de ces critères.
Résultats.
Les résultats sont exposés dans le tableau suivant selon la classification de l’Institut de Médicine de Washington3.
Incidence du SAF complet ou partiel
SAF | Mères | Nouveau-nés | Incidence |
|---|---|---|---|
Complet | Alcoolisation certaine | n=5 | 1,8 ‰ |
Complet | Alcoolisation incertaine | n=0 | 0 |
Partiel | Alcoolisation certaine | n=7 | 2,5 ‰ |
Partiel | Alcoolisation incertaine | n=9 | 3,2 ‰ |
n= nombre
Discussion
La maternité du Centre Hospitalier Sud-Réunion est représentative de la population des femmes d’ethnies blanches, chinoises, indiennes, musulmanes, noires et métisses, habitants à l’île de La Réunion. En comparant avec la classification de Dehaene4, rappelée dans l’article, nos résultats sont identiques aux siens avec 4,3 pour mille (5 + 7 / 2778) nouveau-nés porteurs de signes de SAF. Ce sont des résultats provisoires et probablement minimum. On connaît la difficulté de faire le diagnostic de SAF à la naissance (Little,1990). Cette étude met l’accent sur un nombre important d’enfants (136 soit 26% des nouveau-nés de notre étude) qui semblent issus d’une alcoolisation maternelle pendant la grossesse, mais dont l’examen à la naissance n’a pas montré de signes de SAF (PEAF). L’alcoolisation maternelle est difficile à cerner car le plus souvent niée. Il nous est difficile, à ce jour, de confirmer le SAF d’une partie des nouveau-nés atteints de dysmorphie partielle (9 nouveau-nés). C’est pourquoi un suivi des nouveau-nés comportant un examen clinique et psychomoteur à 12 mois, 30 mois, 4 ans et demi et 7 ans a été entrepris. Ce suivi permettra d’affiner les incidences du SAF mais aussi des enfants atteints de “Alcohol-related birth defect” et de “Alcohol-related neurodevelopmental disorder.
Conclusion
Ces résultats confirment en partie les inquiétudes évoquées en 1988, par Lesure5, qui à propos d’une étude rétrospective effectuée dans une autre partie de l’île de La Réunion, estimait l’incidence du SAF à 6 pour mille naissances vivantes. Ils rejoignent les résultats des publications récentes dans la plupart des régions du monde où l’alcoolisation des femmes n’est pas prohibée pour des motifs culturels ou religieux.
Références bibliographiques :
1. P.D SAMPSON, A.P STREISSGUTH, F.L BOOKSTEIN, R.E LITTLE, S.K CLARREN, P DEHAENE, J.W HANSON, J.M GRAHAM jr. Incidence of Fetal Alcohol Syndrome and prevalence of Alcohol-related Neurodevelopmental Disorder. Teratology 1997;56:317-326
2. T MAILLARD. L’alcoolisation foetale à l’île de La Réunion : enquête transversale, à la maternité de Saint-Pierre, pendant l’année 1996. Thèse de médecine, Rouen (France) 1998
3. Institute of Medicine (U.S.) Division of Behavioral Sciences and Mental Disorders. Commitee to study Fetal Alcohol Syndrome. Stratton K, Howe C, Battaglia F. Eds Fetal Alcohol Syndrome : Diagnosis, Epidemiology, Prevention and Treatment. Washington, D.C. : National Academy Press 1996
4. P DEHAENE. Alcool et Grossesse. Que sais-je ? Eds Presse Universitaire Française 1995 n°2934
5. B.B LITTLE, L.M SNELL, C.R ROSENFELD, L.C GILSTRAP, N.F GANT. Failure to recognize fetal alcohol syndrome in newborn infants. Am J Dis Child 1990;144:1142-1146
6. J.F LESURE. l’embryofoetopathie alcoolique à l’île de La Réunion : un drame social. Rev. de Ped.1988;24:265-271

