- Alcool pendant la grossesse : tératogène et neuro-toxique
D. SUBTIL, A. FOURMAINTRAUX, P. DEHAENE
La revue du praticien médecine général Tome 18, 10 mai 2004; 652/653
Les conséquences de l’alcoolisation maternelle sont cliniquement repérables à partir de la consommation quotidienne de trois verres de boisson alcoolisée. Ces conséquences sont souvent méconnues, d’une part par le fait que le diagnostic clinique du syndrome d’alccolisation foetal n’est pas toujours posé, d’autre part parce que ses conséquences neurologiques n’apparaissent que tardivement (déficit cognitif, troubles de l’attention, instabilité). En dessous de ce seuil de trois verres par jour, il n’est pas possible de conclure à l’innocuité de l’alcool, dont la toxicité neurologique est par ailleurs certaine à doses élevées.
Comme dans d’autres pays, l’information de toutes les filles et de toutes les femmes devrait passer par un étiquetage des bouteilles contenant de l’alcool, bien en amont de la grossesse. Compte tenu de la toxicité de l’alcool, seule l’option « rzéro alcool » pendant la grossesse est raisonnable. Un interrogatoire et une information systématiques en début de grossesse sont nécessaires.
La prise en charge des femmes enceintes qui s’alcoolisent de manière excessive est difficile et nécessite un travail en réseau où l’obstétricien devrait avoir une part importante. Celui-ci tentera de convaincre la mère de l’intérêt qu’il y aurait pour elle et pour son enfant à cesser de boire et devra laisser progressivement place à une attitude - volontairement positive - de soutien à une femme et un enfant en réelles difficultés. Des succès peuvent être escomptés pour ces familles en grande difficulté.

