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Comment aborder la problématique alcool pendant la grossesse ?

- Ce que les femmes disent de l’abstinence d’alcool pendant la grossesse en France. 

Stéphanie TOUTAIN (CNRS UMR8136, INSERM U611) Paris

BEH  femmes et addictions 10 mars 2009 n° 10-11, 99-101

Introduction – L’exposition prénatale à l’alcool peut être responsable d’un ensemble plus ou moins complet d’anomalies malformatives et dysmorphiques et de troubles du développement chez l’enfant à naître, allant du syndrome d’alcoolisation foetale à des effets plus subtils. Malgré la mise en oeuvre d’une politique de prévention contre les dangers de la consommation d’alcool pendant la grossesse, de nombreuses femmes continuent d’en consommer. Il importait de faire le point sur l’état des connaissances

et des opinions des femmes enceintes afin de comprendre comment elles se représentent les risques de la consommation d’alcool pendant la grossesse et la façon dont elles perçoivent les messages qui leur sont destinés.

Méthode – Une approche qualitative issue de discussions de quarante deux femmes enceintes échangeant sur trois forums Internet en 2007 a été mobilisée pour répondre aux questions posées.

Résultats – La recommandation de l’abstinence est mal comprise par les femmes, qui connaissent peu les conséquences de la consommation d’alcool sur l’enfant à naître. Enfin, les sources d’informations de ces femmes concernant la consommation d’alcool pendant la grossesse sont diverses, mais leur propre mère demeure la source qu’elles estiment la plus digne de confiance.

 

 

 

- Prévention du Syndrome d’Alcoolisation Fœtale (SAF). Pratiques et représentations des professionnels de la Périnatalité.

DUMAS A, LEJEUNE C, SIMMAT-DURAND L, BONNAIRE C, MICHAUD P, HILLAIRE S

Alcoologie et Addictologie 2006 , 28 : 311-6. 

Résumé : 

Objet : Une recherche-action est menée depuis 2001 par des professionnels de santé des Hauts-de-Seine sur la prévention du syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF). Cet article rend compte d’une recherche sociologique conduite dans ce cadre pour analyser les difficultés que les professionnels de l’obstétrique peuvent rencontrer dans la prévention du SAF. 

Méthodes : Quinze professionnels du secteur public et libéral ont été interviewés au travers d’entretiens semi-directifs afin d’appréhender leurs savoirs et leurs représentations. 

Résultats : D’une part, les professionnels ne s’alarment que s’ils soupçonnent « un alcoolisme important », en oubliant que le risque apparaît avec des consommations modérées. Or l’absence de visibilité des symptômes qui caractérise cette pathologie se combine à certaines représentations de la « femme alcoolique», si bien que les pratiques de repérage des femmes à risque tendent à privilégier l’observation au dialogue avec la patiente. D’autre part, une distinction entre « l’alcoolisme mondain » et l’alcoolisme des « défavorisées » conforte les praticiens dans l’idée qu’ils travaillent « dans des établissements qui ne sont pas concernés » par le problème. 

Conclusion : La formation des professionnels devrait souligner la nocivité des consommations modérées d’alcool et inclure un travail sur leurs représentations de l’alcool.

 

 

- Étude portant sur la consommation d'alcool pendant la grossesse

Murielle SENN, Dominique STRAUB, Jacques PELLET, Didier BOUSSIRON

Alcoologie et addictologie 2005;27(3) : 181-190

 

- Consommation d’alcool et de tabac durant la grossesse : Intérêt de l’élaboration d’un autoquestionnaire de dépistage

Dr Laurent Urso Baiardo, Dr Marie Hélène Fline-Barthes, Pr Damien Subtil, Dr Denis Therby

 

Alcoologie et Addictologie 2010 ; 32 (2) :1-7

 

Objectif : face au constat d’échec du dépistage des situations à risque (tabac, alcool) chez la femme enceinte, nous avons souhaité élaborer et valider un outil simple sous forme d’un

autoquestionnaire. Méthode : cet outil a été construit à partir de questionnaires validés (HSI, T-ACE). Après une phase test chez 329 femmes, il a été mis en place chez 1 977 patientes des maternités de Lille et Roubaix. La validation a été réalisée par comparaisons internes et externes (dossier obstétrical) et par l’analyse des actions entreprises.

Résultats: ils permettent de retrouver 88 % de patientes répondeuses, dont 20,98 % fumeuses pendant la grossesse. L’autoquestionnaire dépiste plus de consommations à risque d’alcool (4,08 % vs 0,10 %, mais sans consultations addictologiques dans les suites).

Discussion : cet autoquestionnaire est validé par son acceptabilité pour les patientes et par ses résultats en termes de dépistage (plus important que le dossier obstétrical, rejoignant les estimations admises). Une fois ce dépistage effectué, il importe de proposer une prise en charge adaptée.

 

- Comparaison de la consommation d’alcool avant et pendant la grossesse. À partir d’une série prospective de 150 femmes

T. Houet, F. Vabret, M. Herlicoviez, M. Dreyfus

 

Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction

Vol 34, N° 7-C1  - novembre 2005; 687-693

 

But. Évaluer la prévalence de l’exposition prénatale à l’alcool grâce à la consommation déclarée d’alcool (CDA).

Matériel et méthodes. Étude prospective observationnelle en 2002 de la CDA de 150 femmes hospitalisées en post-partum ou pour une pathologie gravidique. Le critère de jugement principal était l’évolution de la CDA avant et pendant la grossesse, classée selon les seuils d’usage et de mésusage. Un usage excessif correspond à plus de quatre verres lors d’une occasion de consommation et/ou plus de 14 verres par semaine en usage régulier. Ont également été recherchés l’âge et la situation professionnelle. Le recueil s’est fait par entretien sur la base d’un questionnaire semi directif.

Résultats. Avant d’être enceintes, 79 % des femmes consommaient de l’alcool. Parmi ces femmes, 33,2 % décrivaient un usage excessif. L’usage supérieur à 14 verres d’alcool par semaine concernait 10 % de la population. Des consommations excessives lors d’une occasion étaient décrites par 33 % des femmes, de façon significative. Pendant la grossesse, 43 % ont maintenu un usage d’alcool. L’ensemble des consommations excessives, reconnues nocives pour l’enfant, concernaient 9,9 % des femmes. Les consommations régulières supérieures à 14 verres par semaine concernaient 5 % des patientes et 7 % des femmes déclaraient des consommations de plus de 4 verres lors d’une occasion. L’âge moyen était 29,8 ans. Les femmes avaient majoritairement (61 %) un emploi stable.

Conclusion. Notre étude met en évidence la réalité de l’usage d’alcool même pendant la grossesse. Les femmes enceintes diminuent progressivement leurs consommations. La CDA est un outil efficace.